16/03/2026

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-4.89%

6.91%

4.64%

(valeurs du vendredi précédant la publication)

 

Entre guerre et inflation, les investisseurs sur la défensive

La semaine écoulée a été dominée par l’escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran et par ses répercussions sur les marchés de l’énergie. La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué un choc d’offre brutal et ravivé les craintes inflationnistes.

 

Un choc énergétique qui bouscule les anticipations monétaires

Le baril de Brent a brièvement dépassé USD 120 en début de semaine avant de refluer autour de USD 100. Face aux tensions, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont décidé d’un déblocage de réserves stratégiques record, 400 millions de barils, soit le plus important volume jamais libéré. L’objectif est d’atténuer les perturbations d’approvisionnement liées aux attaques sur des navires et infrastructures énergétiques dans la région. Malgré ces mesures, les marchés sont restés extrêmement sensibles au flux d’informations géopolitiques. Les déclarations du président américain évoquant un conflit potentiellement court ont permis une accalmie temporaire, mais les attaques contre des pétroliers et la persistance de tensions dans le Golfe ont maintenu une prime géopolitique élevée sur le pétrole. La remontée brutale des prix de l’énergie et la hausse des anticipations d’inflation ont pesé sur les marchés actions mondiaux. Les indices européens et suisses ont particulièrement souffert en raison de leur dépendance énergétique plus forte que celle des États-Unis où la correction a été plus contenue. L’économie américaine bénéficie d’une position énergétique plus favorable, le pays étant devenu exportateur net depuis 2018. La hausse du brut soutient ainsi en partie la balance commerciale américaine et le dollar.

Le pétrole a entraîné une révision à la hausse des anticipations d’inflation

Les marchés obligataires ont réagi par une remontée des rendements souverains, les taux du 10 ans américain et allemand ont encore progressé de 10 points de base, terminant la semaine respectivement à 4.28% et 2.98%. Côté données macro, l’inflation américaine est ressortie à 2.4% sur un an en février, avec une progression mensuelle de 0.3%, confirmant une dynamique de prix déjà orientée à la hausse avant même le choc énergétique. Le marché a fortement réduit les anticipations d’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale. Les attentes de baisses de taux pour 2026 sont passées de deux réductions anticipées à aucune.

Paradoxalement, l’or ne bénéficie actuellement pas de son rôle de valeur refuge. Après une forte hausse depuis le début de l’année, le métal jaune est désormais pénalisé par la remontée des taux réels et l’appréciation du dollar. Le pétrole reste l’actif clé du moment. Le choc énergétique constitue désormais la principale variable macroéconomique pour les marchés.

Au cours d’une nouvelle semaine agitée, le S&P500 a reculé de 1.60% et le Nasdaq de 1.26%. En Europe, l’Euro Stoxx50 a limité sont repli à 0.06% alors que le SMI souffrait plus perdant 1.96%, pénalisé par Roche à cause de nouvelles décevantes sur l’efficacité d’un médicament contre l’obésité en phase 3 (Persevera). Dans les semaines à venir, la trajectoire des marchés dépendra principalement de trois facteurs : l’évolution du conflit au Moyen-Orient, la réaction des marchés pétroliers après la mise en œuvre effective des libérations de réserves stratégiques et les anticipations de politique monétaire Un maintien durable du Brent autour de USD 100 prolongerait la volatilité sur les actifs risqués et compliquerait la trajectoire d’assouplissement des banques centrales. À l’inverse, une détente rapide du prix de l’énergie pourrait permettre un rebond technique des marchés dans les prochaines semaines.

 
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